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19 OCT / Session IV
New orientations in Visual Arts and Cultural Studies
Nouvelles orientations des arts visuels et de leurs formations
Conférence de Fernando Alvim (Angola)

- Fernando Alvim, Angola : Mouvements culturels, sociaux et économiques dans la première triennale de Luanda


La conférence de Fernando Alvim porte sur le travail mis en place en vue de la réalisation de la première triennale de Luanda. Le diaporama, présenté non sans jubilation par son auteur, est marqué, dans la forme comme dans le contenu, par une énergie et une volonté de faire, laissant l’auteur libre de toute digression. À la fin de sa communication, il nous informait que nous n’avions alors vu que cinq pour cent du projet ! Nous proposons ici d’en présenter les principaux axes qui sont des réponses particulièrement adaptées au contexte spécifique de l’Angola, qu’il soit historique, économique ou social.

L’Angola est un pays qui renaît actuellement de vingt-cinq années de guerres, quinze années de couvre-feu, un contexte violent marqué par la soumission et donc l’omission. En effet, les différents régimes qui se sont succédés dans ce pays ont, comme il se doit, laissé peu de place à l’expression culturelle et de fait encore moins à ses traces. Trouver des fonds dans un pays en pleine reconstruction mais sans économie ni structure propre à la diffusion de l’art contemporain demandait un déploiement de moyens stratégiques adéquats. Sur les trois ans de préparation, 480 réunions avec différents types d’acteurs (dont 70% politiques, 20% économiques et 10% culturels) ont permis de rassembler 250.000 € sans intervention de l’état. Ce budget fut, entre autre, mis à profit pour lancer des actions à fort potentiel éducatif, acheter une collection d’art africain qui motiva le lancement de six autres collections privées en Angola ou restructurer des lieux pour accueillir les expositions.

Ainsi, avant même la préparation de la triennale, le principal objectif du groupe de travail constitué par Fernando Alvim s’est focalisé sur la constitution de soixante-et-un événements préparatoires tentant de (re)construire un mouvement culturel en Angola. Largement orientés sur la pédagogie et la formulation d’une identité culturelle propres afin de renforcer l’estime du pays, ces événements ont offert au peuple angolais une image de leur culture. Afin de créer une généalogie et une contextualisation, plusieurs cartes ont été réalisées, retraçant les mouvements internationaux des artistes africains ou l’implication de musiciens et d’influences africaines dans le paysage musical international. Par ailleurs, de nombreux panneaux publicitaires ont été recouverts d’affiches retraçant l’œuvre de philosophes et d’écrivains africains. L’implication populaire est également de mise. En effet, l’absence totale de lieux culturels implique la prise en main de bâtiments inutilisés et leur restauration. Découlant de cette idée de communion et de partage, les projets urbanistiques, nombreux dans une ville en pleine reconstruction, ont été exposés au public. Ces espaces culturels ont également servi de lieu de rencontre, de socialisation autour par exemple de la retransmission de matchs de foot.

Si cette triennale semble d’un point de vue extérieur orientée strictement sur la présentation d’artistes africains, principalement autour de la collection d’art africain de Sindika Dokolo, on ne peut qu’en admirer la force en tant que projet socioculturel dont l’enjeu principal se focalise sur la résurrection culturelle d’une nation et d’un continent.



Fernando Avim : Conceptor of Trienal de Luanda, Co-producer and co-founder of Fundaçao Sindika Dokolo, Administrator of SOSO / LAX arte contemporânea e softwares culturais and art conceptor of Sindika Dokolo colecçao africana de arte contemporânea.


François Aubart
Fabien Pinaroli


 

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