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18 OCT / SESSION III
The Curator and the Critic : Parallel Training
Le commissaire et le critique : une formation parallèle
Table ronde 1
Fonctions critiques de l’exposition : qu’évalue le commissaire ?

- Modérateur : Eugene Tan, Singapour
- Ahu Antmen, Turquie : Le rôle du critique à l’ère du commissaire
- Dominique Abensour, France & Nazareth Karoyan, Arménie : Le Travail de l’exposition
- Angelica Bäumer, Autriche : Le critique comme commissaire


Les contributions de cette table ronde soulèvent la possibilité de construire un discours critique sous la forme d’une exposition. La réduction de ces trois points de vue à leur expression la plus schématisée nous permet ici d’envisager des modalités d’approche contrastées mais omniprésentes lors de l’évocation de ces questions.

En tant que critique, Ahu Antmen évoque son rôle à “l’ère du curateur”. En effet selon elle, jusqu’à la fin du XIXème siècle, le rôle du commissaire d’exposition a été bien défini comme relevant de l’histoire de l’art. Pourtant, depuis le XXème siècle, au fur et à mesure que les expositions devenaient un nouveau lieu d’expression, les curateurs ont repris en main le manifeste qui avait jusqu’alors été écrit par les artistes. Elle affirme que, contrairement aux curateurs qui ont besoin de relations et de s’intégrer dans un réseau, les critiques, eux, peuvent rester à distance et évaluer de façon objective. Le travail du critique est ainsi envisagé comme l’analyse et le décodage du filtre curatorial.

Contrairement à l’idée de manifeste, modalité d’écriture assez liée à l’expression de l’artiste, Angelica Bäumer propose une tactique plus spécifique à l’historienne d’art, qui consiste à pointer certaines expressions artistiques. Sa contribution s’appuie sur le travail personnel qu’elle mène dans la préparation d’une exposition sur l’art brut. Elle met ainsi en avant les possibilités de soutenir certaines pratiques artistiques grâce à la médiation d’un tel événement. Elle insiste également sur son rôle, en tant que curatrice, de sensibilisation et d’ouverture d’un dialogue avec son public.

La contribution de Dominique Abensour et de Nazareth Karoyan est la retranscription de leurs conversations par courriers électroniques lors de la préparation d’une exposition sur l’art contemporain en Arménie. Ce choix, qui laisse visibles les questionnements de la commissaire française et de son associé critique d’art arménien, informe sur leurs doutes quant à la possibilité de déplacer une scène artistique vers un nouveau contexte. Le mode interrogatif est omniprésent pour approcher la forme expositionnelle en tant que travail critique. Un mode qui présente l’organisation d’expositions non pas comme une forme figée mais comme le lieu d’un questionnement permanent qui tente de construire ce que Dominique Abensour appelle un « prisme pour le regard ». La seule affirmation qui émerge de ce dialogue est celle de tenter de formuler un discours soustrait à l’écriture.

Ainsi si la dialectique expositionnelle n’est pas forgée de façon définitive, sa remise en cause frontale et catégorique ne paraît plus envisageable. En effet même si certain considèrent le curateur comme le responsable de la perte de pouvoir du critique d’art, force est de constater qu’il n’intervient pas avec les mêmes modalités de travail ni dans les mêmes champs expressifs. Ce travail apparaît finalement comme parallèle à celui de critique, un bref coup d’œil aux curriculum vitae des différents intervenants de ce colloque nous indiquera que bien souvent les rôles se mélangent de façon inextricable.

François Aubart
Yuka Tokuyama


 

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