Clic
Clic
Clic


   
 
 





16 OCT 06 / SESSION I
Nouveaux dispositifs pour la critique d’art
Table ronde 1
Supports alternatifs : nouveaux publics, nouvelles pratiques, nouveaux objectifs

- Modérateur : Stephen Wright, Canada

- Boris Chukhovich, Ouzbekistan : La Critique d’art et les diasporas virtuelles : le cas de l’Asie centrale
- Brandon Taylor, Royaume-Uni : Pour une critique des reproductions
- Jacqueline Lacasa, Uruguay : Cyborgs/ Processus critiques aux confins du monde
- Tereza Wagner, UNESCO, Pérou : L’espace narratif de l’image électronique
- Christian Gattinoni, France : Entre Internet et le papier : nouvelles formes de la critique
- Azeez Ademola, Nigeria : Le chaînon manquant entre l’artiste africain et son critique


Les différentes prises de parole nous ont semblé se croiser autour de trois axes : le premier est un descriptif de l’utilisation des réseaux existants par les communautés expatriées ou acteurs du champ de l’art ; le second décrit l’incidence des outils de reproduction dans le champ de la production et de l’analyse de l’art. Enfin, la troisième questionne l’adaptabilité du travail critique à ce nouveau contexte.

Boris Chukhovich et Jacqueline Lacasa exposent deux situations mettant en œuvre concrètement le réseau de manière interdisciplinaire. Dans les communautés virtuelles d’artistes ouzbeks, artistes et critiques participent à la génération du discours. Celui-ci est « créolisé » car généré par différents acteurs et registres de langues (interviews, blogs, réunions…). Il permet d’éviter le modèle d’une critique dominante et européocentrique. En Uruguay, contrairement à ses voisins, la scène artistique s’est construite récemment et dans l’urgence mais avec une forte volonté et inventivité. Rapidité, hybridation et confrontation sont vecteurs de nouveaux modes de création, de pensée et de validation.

La communication de Brandon Taylor analyse les conséquences de la reproductibilité des œuvres et de leur diffusion et en soulève la parenté avec les images policières, les classant de fait dans un registre proche de celui de la pièce à conviction décrivant de façon factuelle la vie d’une oeuvre. Après cette mise en parallèle typologique, impliquant la perte d’un rapport authentique, l’auteur conclut en pointant les contraintes juridiques qu’impose l’écriture de l’histoire de l’art par le médium photographique en l’incrivant dans un contexte économique soumis aux droits d’auteurs. Cette tentative de circonscrire l’utilisation d’un médium se retrouve dans l’intervention de Tereza Wagner où la vidéo est mise en opposition avec cinéma dans une utilisation spécifique de la temporalité, la première accédant à la déconstruction et le second étant pris dans un carcan linéaire. Ces deux approches proposent une méthodologie oppositionnelle, indiquant une perte ou un apport incontestable et se rejoignent dans un refus d’envisager l’adaptabilité.

Christian Gattinoni, au nom du comité de rédaction de lacritique.org, a fait part du nouveau rubriquage mis en place récemment. Il insiste sur l’utilisation pertinente d’outils liés aux sites dynamiques (php) : les nuages d’étiquettes (« Tag clouds »), les flux personnalisés (RSS) ou les notes et commentaires possibles sur ces sites sont amenés à prendre de plus en plus d’importance. Stephen Wright – modérateur dont l’introduction nous semble très pertinente – ouvrait cette table ronde en questionnant la place du critique dans la nébuleuse immatérielle des réseaux. L’ère post-média étant celle du choix, de la décision, de la construction et du partage. La division classique du travail en place dans la modernité n’est plus de mise. Le pragmatisme critique dans ce contexte peut prendre une forme d’accompagnement des propositions artistiques.

Au travers de ces quelques interventions, on constate que la mise en œuvre expérimentale de nouvelles approches implique la remise en question des bases théoriques de la critique ainsi que la recherche de nouvelles modalités de travail. Si ce nouveau contexte peut paraître déstabilisant, il ouvre néanmoins la voie à une diversité d’utilisations nouvelles et repensées.

François Aubart
Fabien Pinaroli


 

>> Related Articles >> Articles liés